Ce pourrait être le titre de l’étude qu’à menée Dre Philippa Hardman au près de 200 conseillers et conseillères pédagogiques (CP) durant l’été 2024.
Partons de cette étude pour enfoncer une porte ouverte : Il faut former à l’IA !
L’expert sans IA perd face au non-expert assisté par l’intelligence artificielle
Une étude menée par la Dre Philippa Hardman en 2024 a examiné l’impact de l’intelligence artificielle (IA) générative dans la conception pédagogique.

Trois profils ont été comparés :
- un expert (CP) sans IA,
- un expert (CP) avec IA, et
- un non-expert(non-CP) avec IA.
Chacun devait :
- rédiger des objectifs d’apprentissage,
- choisir une stratégie pédagogique et
- concevoir un plan de cours.
Les productions ont ensuite été évaluées à l’aveugle par 212 professionnels du secteur.
Les résultats montrent des différences marquées :
- Le conseiller pédagogique sans IA arrive en dernière position, avec des contenus jugés moins clairs et moins engageants.
- Le novice avec IA produit des documents structurés et adaptés, dépassant parfois le professionnel sans IA.
- Le conseiller pédagogique avec IA obtient les meilleurs scores, grâce à des contenus détaillés, cohérents et perçus comme plus humains.

En conclusion :
- l’IA peut permettre aux non-experts d’atteindre et dépasser le niveau d’un expert sans IA.
- Aide les experts à automatiser les tâches répétitives.
- L’apport humain d’un expert demeure nécessaire pour atteindre les meilleurs résultats en affinant et validant les contenus générés par l’intelligence artificielle.
Évolution accélérée du métier d’enseignant
L’école n’échappe pas à la croissance fulgurante de l’IA.
Il n’aura fallu que 2 mois à ChatGPT pour conquérir 100 millions d’utilisateurs, pulvérisant les records précédents.
2 ans et demi plus tard, on estime entre 1.5 et 2 milliards le nombre d’utilisateurs mensuels de l’IA.
Illettrisme inversé
L’illettrisme inversé désigne la situation où de nombreux élèves savent utiliser les réseaux sociaux ou des applications, mais peinent à exploiter le numérique pour apprendre, s’informer ou résoudre des problèmes complexes.
- Par exemple, beaucoup d’apprenants savent envoyer des messages ou publier sur TikTok, Instagram et Facebook, mais ne savent pas vérifier la fiabilité d’une source, structurer une recherche sur internet ou réaliser des tâches courantes de bureautique.
- Ce phénomène touche aussi bien les adolescents que les adultes : certains savent utiliser un smartphone, mais restent démunis face à une démarche administrative en ligne ou à la création d’un document numérique.
- Ce nouveau type d’illettrisme impose à l’école de former systématiquement tous les élèves au numérique, à l’informatique et à l’IA, sans exception ni justification possible.
Formation initiale des enseignants
La formation initiale des enseignants doit intégrer pleinement le numérique, l’informatique et l’IA :
- Des programmes comme « Experience AI » proposent déjà des ressources concrètes pour comprendre l’IA, ses usages, ses limites et ses enjeux éthiques.
- Plusieurs modèles d’intégration du numérique existent pour la formation initiale, mais ils peinent encore à s’adapter à l’évolution rapide des technologies.
- Sans enseignants formés, les apprenants ne pourront pas développer les compétences nécessaires pour évoluer dans la société numérique actuelle et future.
- Rien n’excuse ni ne justifie de ne pas former les enseignants à ces enjeux fondamentaux.
Formation continue des enseignants
La formation continue est indispensable pour permettre aux enseignants de s’adapter aux innovations constantes :
- Des plateformes comme AI 4 Edu ou des parcours comme le « référent IA » d’EduLAB offrent des modules thématiques, des ateliers pratiques et un accompagnement personnalisé pour intégrer l’IA dans la pédagogie.
- La formation continue doit être flexible, accessible et actualisée en permanence pour répondre aux besoins variés des enseignants et des établissements.
- L’AI Act européen impose désormais une obligation de formation à l’IA pour tous les professionnels concernés, afin de garantir une utilisation responsable et éthique.
- Là encore, il n’y a aucune excuse pour ne pas (se) former : les outils, ressources et formations existent et sont souvent gratuits (autoformation, EduLab, vos conseillers techno-pédagogiques réseau préférés ❤️).
Quand la fracture numérique nourrit la fracture sociale
Le mythe des Digital Natives laisse imaginer que nos élèves n’ont pas besoin d’être formés au numérique et à l’informatique.
C’est un peu comme si on faisait l’économie de l’apprentissage de l’écriture et de la lecture parce que nous sommes toutes et tous nés après l’invention de l’impression à caractères mobiles.

Gutenberg c’était il y a 575 ans, c’est bon, passons à autre chose, tout le monde connaît !
L’intégration de l’IA dans l’éducation soulève des questions fondamentales de société, notamment en ce qui concerne l’équité et l’accès à l’éducation.
- L’IA peut aussi être un levier pour réduire ces écarts, à condition de donner à chaque élève et chaque enseignant les moyens d’en tirer parti.
- Le fossé numérique risque d’accentuer les inégalités sociales si l’accès aux outils, à la formation et à l’accompagnement n’est pas garanti pour tous.
Conclusion : pistes d’actions
Ne pas rater le train de l’IA : un enjeu de survie professionnelle
L’IA n’est pas seulement un outil (pédagogique) : elle transforme en profondeur tous les secteurs du monde du travail, y compris celui de l’enseignement.
- Les métiers évoluent, de nouvelles compétences deviennent indispensables, et certaines tâches disparaissent ou se transforment, radicalement.
- Les enseignants ne font pas exception : intégrer l’IA dans sa pratique, comprendre ses usages et ses limites, c’est rester acteur de sa profession et garantir une valeur ajoutée à notre travail.
- Refuser de s’adapter ou ignorer ces évolutions, c’est prendre le risque de devenir obsolète, voire de voir son métier marginalisé ou remplacé par des solutions automatisées.
Bien sûr, je force le trait !
Néanmoins, les propos que je tiens ici ne sont sans doute pas très éloignés de la vérité 😉
Rater le train de l’IA, c’est s’exposer à une mise à l’écart professionnelle.
Pour rester pertinent, utile et reconnu, chaque enseignant doit s’engager dans cette transition, se former et accompagner ses élèves vers l’avenir. Comme il le faisait déjà dans son domaine d’expertise.
L’IA n’attend personne : à nous de monter à bord, sous peine d’être laissés sur le quai.
Pour que l’IA soit un levier d’égalité et de progrès, il faut agir à tous les niveaux :
- Intégrer systématiquement la formation au numérique, à l’informatique et à l’IA dans tous les cursus scolaires et universitaires.
- Former tous les enseignants, en formation initiale comme continue, sans exception ni justification possible.
- Développer des ressources, des ateliers et des parcours personnalisés pour accompagner la montée en compétences de chacun.
- Garantir l’accès aux outils numériques et à l’IA pour tous les élèves, quels que soient leur milieu social ou leur lieu de vie.
- Sensibiliser à l’éthique, à la sécurité et à l’esprit critique face à l’IA, pour une utilisation responsable et citoyenne.
- Impliquer les parties prenantes (enseignants, élèves, familles, institutions) dans la conception et l’évaluation des dispositifs de formation et d’accompagnement.
Rien n’excuse ni ne justifie de ne pas (se) former au numérique, à l’informatique et à l’IA. C’est une condition indispensable pour garantir l’égalité des chances, l’inclusion et la réussite de tous dans la société de demain.
➡️Contactez-nous pour vous former à l’IA 😎
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